2 novembre 2010

pour cette première session d'après grèves, une assistance modérée.
Sans doute que les autres ont pensé ne pas pouvoir rentrer après la troisième mi-temps.
Le Maître était en grande forme, énervé qu'il était par les péripéties qu'il venait de vivre (voir le détail dans le compte-rendu magistral en fin de ce mail)

Pour débuter, un vrai petit bijou.

1 - les blancs jouent et gagnent.

Cours2010110201
B.:        Rh2, Fa3, pe7 et g7
N.:        Rb8, Tc8, ph7

Laissez-vous entraîner par cette composition.
c'est dingue ce qu'on arrive à faire avec aussi peu de matos.

La suivante est issue de l'esprit fécond du génial Afek.

2 - les blancs jouent et gagnent

Cours2010110202
B.:        Rg4, Tg3, pf4, g5 et h4
N.:        Rg8,pa4, a6 et b3
 

 

 

 

Les saboteurs ne désarment pas. Quand ils ne font pas grève, ils sévissent autrement. A la station de la gare St-Lazare, ligne 13, on m'annonce que le courant est coupé (sic !). Par un voisin et son téléphone portable, j'apprends vite qu'on a menti aux voyageurs, comme d'habitude. En guise de "panne", le métro est bloqué parce qu'un passager est "tombé sur la voie". Un autre mensonge : il a sans doute été poussé par un de ces gentils garçons d'origine "bretonne", qui comme les chouettes dort le jour, vole la nuit et fait partie d'une espèce protégée. De ces ardents au travail qui renouvellent le parc automobile par leur passion pour les feux de joie...

Je n'aime pas les eaux stagnantes. Je suis sorti de la rame, ai demandé à un rare préposé non gréviste un moyen de rejoindre la porte de Clichy. Il me répondit : la ligne 13. Je lui répondis : c'est malin. Alors, il m'envoya à la ligne 12. C'est ainsi que je me retrouvai sur la butte Montmartre. A une importante différence près : au lieu de voir le Sacré-Coeur, j'avais vu de sacrés cons. Une seule consolation : dans ma descente zarathoustrienne de la montagne, je suis passé par la rue Vauvenargues, et me suis souvenu que le célèbre marquis de Clapiers avait tout dit sur ces humanoïdes qui, non seulement acceptent la servitude, mais finissent par la désirer.

Trois aidés : dans l'aidé 4#, une solution me paraît plus difficile que les deux autres. Deux 2#, dont un classique. Deux 3# également fort différents. Fin de l'hommage à Lobusov avec un long problème méconnu. Enfin un inverse surprenant du grand Kubbel. Solution des deux derniers sur demande.

Une petite jonglerie où un Fou domine une Tour (aucun rapport avec un certain 11 septembre). Un gain paradoxal d'un grand compositeur, également joueur, composé à titre de consolation, le soir d'une lourde défaite. Aveuglement de toute l'assistance et du conférencier dans l'essai 4 Rf5?, ou l'interposition ...De4? échoue simplement sur l'échange suivi de Te8-e1. Enfin, un Becker pas ennuyeux du tout, mais très spectaculaire.

La partie du jour nous montre une Cavalerie déchaînée venant à bout de l'un des meilleurs défenseurs du siècle dernier. A noter la manière d'améliorer le jeu noir, démontrée par le défenseur en question un quart de siècle plus tard, mais reprenant avec un temps de moins une célèbre partie jouée deux ans plus tôt !

Rendez-vous, si Dieu le veult, dans un petit mois, le 30 novembre.
Reposez-vous bien et bonne régalade.

AV

 


les pions noirs sont dangereux, mais les blancs n'auront pas peur.

Pour finir, une étude vérifiée par ordinateur.

3 - les blancs jouent et font nulle

Cours2010110203
B.:        Rh5,Fa6, Cg5, pg6 et h7
N.:        Rg2, Da4, pg7

Assez Animé, avec de la variante.

La partie du jour est encore un beau combat.

4 - la partie du jour
1. e4 c5 2. Cf3 d6 3.d4 cd Cxd4 Cf6 5. Cc3 e6 6. Fe2 Fe7 7.f4 0-0 8. 0-0 cc6 9. Fe3 a6 10. De1 (ou Rh1) Cd7 ?!
10. ... e5 11. Cxc6 bc 12 fe de 13. Dg3 Fe6 14. Dxe5 Fd6 16. Dg5 h6 16. Dh4 Cg4 et les noirs ont largement égalisé.
11. Td1 Te8 12 Fc4 Cf8
12. ... Ca5 13 Fxe6 fe 14. Cxe6 Fh4 15 Cxd8 Fxe1 16. Tfxe1 Txd8 17. Cd5 b5 18 e5 Fb7 19. Cb6 Tab8 20. Txd6 Cf8 et ça tient
13. a3
naturel mais 13. Dg3 Ca5 14. Fe2 b5 15. e5 b4 16. Ce4 d5 17. f5 à un air concluant
13. ... Fd7 14. Df2 b5 15. Fa2 Tb8 16. f5 Ce5
16. ... Cxd4 17 Fxd4 e5 18. Fa7 gagne la qualité
17. fe fe 18. Cf5 Cfg6 19. Cxd6 Tf8 20. dd2
20. Cf5 (switch white) Cc4 21. Fa7 Tb7 22. Fxc4 bc 23. 23. Fb6 !!
20. ... Txf1+ Txf1 Dc7 22. Cf5 Ff8 23. Cd5 Dc6 24. Fd4 Te8 25. Df2 Rh8 26. Cfe7 Dd6 27. Cxg6+ Cxg6 28. Cf6! Td8 29. Cxd7
29. e5 ! est plus précis
29. ... Dxd7 30. c3 Fe7 31. Dg3
31 e5 était encore meilleur
31. ... e5 32 Fe3 et les noirs perdent au temps.
Dommage 32. ... Dd3 33. Fd5 Cf4  

Un bien beau morceau de bravoure où les 2 joueurs ont été à la hauteur du combat

Pour la partie restauration, l'ami Guy ayant profité du week-end de trois jours, a été très prolifique et nous présenté ses plus fraîches compositions florales.
Un vrai régal, sauf le SAT où on a toujourd l'impression de ne pas avoir compris la règle !
Pour vous résumer ce que j'en ai compris : en SAT, un camp est mat quand son Roi a au moins une case de fuite.
Je vous laisse méditer.

Il me reste à vous souhaiter une bonne lecture et rendez- dans 4 semaines.(le 30 novembre).
Vous avez donc 4 semaines pour comprendre le SAT et composer en SAT !

Amicalement vôtre

Le greffier.

P.S.: merci au Maître pour la version électronique


Rectifications linguistiques du Maître


 

La langue française est déjà bizarre, elle l'est devenue encore plus. De même que "débile" signifie "faible" et non "idiot", ce que tous les jeunes actuels (et beaucoup d'autres) semblent ignorer, le mot "énervé" est actuellement utilisé dans un sens opposé à son véritable. Car enfin si le "maître-bidon" était "énervé", (comparer avec "épouillé", "émasculé" etc.), c'est qu'on lui avait enlevé ses nerfs. En somme, qu'il était sans réaction, inerte. Je crois me souvenir que ce n'était pas vraiment le cas... Enfin, tout le monde avait compris.

Ceci pour faire la conversation, car je ne vois aucune faute de transcription chez le maître-tabellion, remonté à l'air de la campagne. J'aurais seulement été plus enthousiaste sur les deux e5! : au 29e, c'est gagnant ; au 31e, c'est un net avantage blanc. Tel que joué, au moment de la chute du drapeau, c'est à peu près égal... Ah si, une faute... de ma part : avant "l'interposition", lire "" et non "ou".

Bonne régalade.

AV


complément


Le Maître a raison de corriger, lorsque c'est judicieux, c'est à dire presque toujours. Mais là est toute l'utilité du "presque" dans l'affirmation précédente. [...] cet extrait de Mérope de Voltaire : "Ô Dieu ! rendez la force à mes bras énervés". MAIS, déjà on reconnaissait cette évolution : Par abus. Qui a les nerfs agacés. "Ne la tourmentez pas, elle est tout énervée aujourd'hui". (Littré) Les dictionnaires actuels indiquent donc à raison le sens vieilli et le sens actuel : -- qui a subi le supplice de l'énervation ; qui est dans un état d'excitation inhabituel, qui est irrité. C'est pourquoi, dès le XVe siècle est apparu le verbe "dénerver" permettant ainsi d'exprimer par des termes différents les deux sens du même mot. (Dénerver : ôter les tendons, affaiblir. Verbe qui n'a pris un sens dans le domaine de la boucherie qu'au XXe siècle) -- En d'autres termes, même le grand Littré lui-même (oserai-je dire soi-même ?) capitulait de découragement devant le mauvais usage !

-- Merci pour ces explications sémantiques qui confirment que la langue française est bien une langue vivante. Ceci dit, s'il fallait avoir les tendons des bras et des jambes sectionnés pour être énervé, il ne devait pas y avoir beaucoup de candidats. Quant au dénervage, actuel remplaçant d'énervage, il est couramment pratiqué de nos jours, mais uniquement sur le foie gras frais. C'est donc un mot qui a acquis ses lettres de noblesse gastronomiques.

 

Une précision d'importance : Sur le foie gras frais, que je cuisine moi même parfois, jamais nul dénervage, juste du déveinage !

-- Pour aller dans le sens de la discussion, s'agit-il d'un déveinage ou d'un éveinage ?

-- Jolie réponse ! Tu fais toujours la remarque au poil. En effet, j'ai toujours dit "déveiner" mais, à l'instar des coups que je joue, l'argument est insuffisant pour faire loi. Il semble que la réponse de Normand soit de mise, les deux semblant se dire dans le cas qui nous occupe. Alors qu'on n'utilise que le terme éveiner pour désigner l'opération des jambes variqueuses (quelle déveine).

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