championnat de France 2020

le championnat


Un format particulier cette année puisqu'en plus de la traditionnelle compétition, un championnat à distance a eu lieu avec un classement à part.

Les participants reçoivent les énoncés en même temps que les participants "classiques" et tentent de résoudre les problèmes proposés.
Puis ce sont les participants eux-mêmes qui se notent en fonction du barême.

Daniel a participé à cette compétition virtuelle.

Le Maître, quant à lui, l'a faite à la maison un peu plus tard.

En voici un compte-rendu circonstancié par les 2 sus-nommés

 

 

 


Le compte-rendu de Daniel


Pour ma part, j'ai attaqué les 1, 2, 3, 7 et 12.
Etude humaine et tout à fait indiscutable. Ce n'est pas toujours le cas. Bravo !
J'espérais résoudre l'aidé 2 coups mais il n'y en avait pas !
L'aidé 3 coups avait beau avoir 3 solutions, je me suis abruti dessus inutilement.
Heureux d'avoir trouvé un pièce neutre et le 3 coups accessible à un joueur. Très joli !

Je n'ai cherché que les problèmes dont j'estimais avoir une chance de trouver la solution. Je n'ai donc même pas regardé les 4 et 5 coups. Mon temps a été employé laborieusement mais utilement sauf sur l'aidé dont je pensais à tort trouver une ou deux solutions.
Fier d'avoir une solution sur un aidé pièces neutres. Il y avait réellement des problèmes accessibles à des joueurs.

Je n'avais pas du tout l'intention de chercher les rétros.
J'ai regardé les problèmes 45' après le début.
J'ai estimé pouvoir trouver les deux problèmes pour enfants (PJ 4,5 coups et PJ 6 coups).

J'ai passé une demi heure sans rien trouver !!

J'ai honte car objectivement un joueur ne devrait pas pouvoir sécher comme ça sur un 4,5 coups !


L'édito du Maître


Il m'est de plus en plus difficile de participer aux congrès annuels de problémistes, compte tenu de l'amputation croissante de ma modeste pension de retraite par les marcheurs-sic. Une amélioration de la situation supposerait que les Français ne fussent point, comme ils semblent l'être dans leur majorité, des veaux, ainsi que les qualifiait il y a 60 ans un célèbre général de brigade à titre temporaire, de grande taille (un homme grand plutôt qu'un grand homme).

En outre, je donne la préférence aux congrès à l'étranger (qui en général coûtent moins cher), plutôt que de retourner à Lyon, que certes j'aime beaucoup, mais où les quenelles, le tablier de sapeur, les rognons, ris de veau et maintes autres douceurs n'ont plus aucun secret pour moi. Sachant aussi que, depuis 50 ans, je me suis baigné dans le beaujolais plus que de raison.

Mais bien sûr je ne manque pas de revivre ces congrès en chambre. Et ce n'est pas triste. La "solitude" ne me pèse guère. Du reste, comme disait Thibon, "Quand n'y a plus de solitaires, il ne reste que des isolés". Un seul regret : "Le grand avantage qu'il y a à voir du monde, c'est de se dire qu'on a tout pour être heureux, pourvu qu'on reste seul avec soi" (E. M. Cioran).

Cette série ne m'a pas semblé trop difficile, seul le monstrueux 2# avec pièces neutres "semi-clouées" était de nature à donner la migraine avec ses 4 coups candidats (l'auteur suédois n'est pourtant pas un "monstre" mais l'un des plus charmants problémistes que je connaisse !). Même l'inévitable inverse en 5 coups de "Gamni" m'a paru moins difficile que d'usage (je l'ai résolu mais hors-délais).

Le premier 2# est sympathique : on est aidé par le fort coup noir ...Tg3. Le second résiste un peu plus grâce à une jolie fausse piste. Le premier 3# est peut-être (avec le 5# du XIXe siècle) le plus attrayant du lot (non, je ne dirai pas "attractif"-sic, vous m'eussiez déçu de l'attendre). Les Noirs menacent ...Ce2 ou ...b3 suivi d'un échec au Roi blanc. Alors ? J'ai tout de même passé un petit quart d'heure.

Le second 3# m'a demandé la moitié de ce temps. Certes, le diagramme est lourd, mais une menace s'impose et les variantes coulent de source. Le 4# n'a pas de Dame blanche ; je n'en conclurai pas qu'il doit être facile (c'est une erreur courante). Pourtant, les menaces ...Cb3 ou ...Txe8 suivi d'échec nous incitent à l'action. Le thème est bien connu mais je trouve ce problème un peu bancal.

Le 5# est plaisant à chercher. On bloque, on rebloque, puis... tout se débloque. Il suffit de penser à d'Orville ! Je suis surpris que Garen, notamment, ne l'ait pas résolu. Au même championnat, il y a 3 ans, un problème semblable avait eu aussi peu de succès.

Etude "humaine", dit Daniel : en effet, du Pogo pour le jubilé Nada, cela promet. Dommage que les références ne soient pas communiquées avec l'énoncé : en concours, je ne serais pas passé outre, comme je le fais de plus en plus souvent. Mais Daniel était avantagé, connaissant mon exercice 385 depuis 40 ans !

Même devinant le thème, j'ai lambiné sur le charmant aidé 3# : les mats ne déçoivent pas. Inverse 2# facile, une minute de plus pour la "3e variante". L'avantage de l'inverse 5# est qu'on trouve assez vite la menace. Un peu moins vite l'unique parade, encore moins vite comment l'exploiter. Mais, au moins, pour reprendre une expression de Thierry Le Gleuher, le solutionniste peut faire des déductions, plutôt que des tentatives.

Pas vraiment regardé les pièces "neutres" ou plus exactement les pièces "girouettes" (revoyez les féeriques de ce cours  http://lecoursdumaitre.e-monsite.com/pages/cours/cat-2019/8-janvier-2019.html  )

En résumé, une intéressante sélection.

Tournoi B : je recommande l'amusant 4# de Giegold et le duel Fou-Tour de Breuer (en 6 coups). Les 3# sont excellents mais plus complexes.


PS : quoique Dardilly soit la ville natale du saint Curé d'Ars, aucun miracle ne s'y est produit : Michel a dominé outrageusement la compétition.


 


la version papier (!)


 

Ajouter un commentaire