Ohrid

zagreb


Un congrès en trois étapes. Tout d'abord Zagreb, qu'il m'aurait été difficile de passer sous silence, ayant manqué la célébration du 16 juillet (anciennement la Saint-Alain) :

sur le trajet du bus de l'aéroport au centre de Zagreb).

On imagine ce que cela eût été s'ils avaient gagné. "Even though we lost the final today despite playing fantastic,

. Liesse, cris, chants mais, comme c'est bizarre, aucune boutique saccagée, aucune voiture brûlée.

 

Lu à cette occasion deux devises : "Being humble" & "Nije u šoldima sve" ("Money is not everything"). Je me demande bien vers qui se dirige l'allusion.

 

 

"échecs" ») avec juste "Flamboyants" ("vatreni").

skopje


Puis Skopje, où j'aurais dû me trouver en... 1972 à l'Olympiade, sans un sélectionneur indélicat qui, mécontent de me voir dans l'équipe, était allé racoler un vieux grand-maître complètement ramolli. Ses résultats catastrophiques au... premier échiquier, malheureusement, furent à l'origine de la plus mauvaise performance française de l'histoire.

Skopje donc, avec son architecture délirante,

Img 5867 b

son pavage bâclé (attention où vous mettez les pieds). Mais ses églises, son vieux bazar ("trait d'union", disent-ils, entre l'orient et l'occident), son quartier bohème. Son Mémorial à Mère Térésa, un contraste salutaire avec notre pays, au moment où l'on célèbre éhontément son absolue antithèse. Et ses délicieux restaurants, au rapport qualité-prix imbattable.


Ohrid


 

Enfin Ohrid et son lac, le plus vieux de la planète. OhridArrivée sous le signe du gag, l'hôtel réservé se révélant un fantôme, comme le bateau du Hollandais volant. Personne à la réception, personne dans les couloirs. Repli stratégique vers un autre, le "Bellevue", bien nommé en l'occurrence. Puis la cérémonie d'ouverture, dont la particularité est de finir après la clôture du service restaurant. D'où quelques acrobaties pour un mini-dîner éclair.

Le lendemain, nouveau gag. Le paiement du séjour se fait exclusivement en billets, mais les distributeurs sont obsolètes, ils n'accoucheront que du tiers de la somme. Pour se remettre, une petite escalade dans le vieil Ohrid, jusqu'à l'église Sainte-Sophie, en plein baptême. Contraste saisissant, on redescend vers... la plage.


début des hostilités avec l'open


L'open en deux fois 6 diagrammes (une heure et demie chaque ronde) est censé nous échauffer avant le championnat proprement dit. Il fait ici un peu plus : ravages parmi les titrés. Personnellement, je n'avais que le 2# au bout d'une heure ! J'aurai finalement le 3# (pas le temps pour toutes les variantes) et un bout de l'étude (je joue le bon coup trop tard, ce qui le rend ipso facto mauvais !). Et un beau zéro au 4#, je vois la moitié du problème mais avec une mauvaise clé.

La 2e ronde se passe mieux, je résous enfin une étude de Martin ! J'indique la clé de l'inverse, mais le barême ne la prend pas en compte. Et impossible de débloquer ce satané aidé à 3 solutions sans rapport entre elles.

Comme toujours, on voit un grand nombre de concurrents se tenir en quelques points : en rectifiant mon erreur dans le 4-coups, j'aurais gagné 20 places !
 

le classement

les diagrammes en pdf

les solutions en pdf


le championnat - 1ère journée



Première journée du championnat, avec un départ en fanfare pour l'équipe de France virtuelle (les deux vieillards + notre ami Abdel) avec les 2-coups. Une petite frayeur tout de même : le premier problème a une double menace, qui fait douter, jusqu'à ce qu'on ait compris le thème. L'épreuve des 3-coups est plus ardue. Ayant appliqué la fameuse méthode de commencer par la fin, et la clé du 3e m'étant apparue instantanément (merci au pion h2), je me suis retrouvé avec 55 minutes pour deux problèmes, dont un visiblement bohémien où je suis censé être à l'aise. Eh bien, elles ne furent pas de trop ! On devine la pièce-clé du premier, mais où ? Et le 2e est sacrément tordu. Je laisserai quelques plumes, sa clé ne m'apparaissant qu'à la fin.

Restait l'épreuve la plus redoutée, les études, avec 100 minutes qui s'écoulent comme du sable quand on ne s'appelle pas MVL. La première (de Martin, le monde est petit) ne m'inspirait guère, mais le duel Fou contre Tour de la 2e et la lutte pions contre Fou et Cavalier de la 3e (après une intro plausible) m'intéressaient. Ouais, bon, après 70 minutes, je n'avais rien, si ce n'est un paquet de variantes insuffisantes. Heureusement, un pat viendra subitement sur l'échiquier, et la subtile manœuvre pour neutraliser le pion noir apparaîtra, une fois de plus, au dernier moment.

   

le championnat 2ème journée


Avec 9 concurrents à 100% à l'issue de la première journée, on pouvait attendre une seconde plus coriace. Et en effet les aidés, avec des triplés en 5,5 coups pour les grandes personnes. Ce n'était pas une raison pour que votre serviteur sèche sur celui en 3. Enfin, c'est la vie.

 

Les multicoups, un 4# sympathique, un 5# de même, puis une horreur en 6. J'ai donné une suite avec un sacrifice de Tour (Tf5+) en triple prise. Pas de chance, c'est réfuté, la solution n'ayant aucune beauté. Un problème sélectif, soit, mais il y a un impératif esthétique nullement respecté. Nous avons déjà connu cela dans le passé.

 

Enfin les inverses. Habituellement je résous les deux premiers, sèche sur l'inverse multicoups. Cette fois-ci, je ne lui ai pas même jeté un œil, celui en 3 m'ayant demandé tout le temps. Pour corser l'affaire, j'ai commencé à le chercher comme un inv 2# (!). Et très vite, à côté de moi, j'ai entendu un bruit d'échiquier. Traduction : le champion du monde n'avait pas, bizarrement, d'échiquier portatif, et utilisait un vulgaire matériel de joueur. Ce bruit voulait dire qu'il avait terminé le problème qui me torturait et passait au dernier. Rassurant ou inquiétant ? Doit-on en déduire que le problème n'est pas trop dur, ou que notre propre cerveau est en compote ?

 

Malgré ces péripéties, il semble que je précède Michel, très malchanceux hier, mais qui s'est rattrapé grâce aux mats aidés et inverses.


19-20e devant 12 grands-maîtres et surtout... devant Michel ! Après la ronde des aidés, je ne l'aurais pas imaginé !

Et je ne suis pas dans les 3 premiers vieillards. Je ne serai pas sur le podium avec l'antipath. Ouf !



, l'élève macédonien de Cyrille et Méthode.

Un creux étonnant de 5 points entre la 15e & 16e place, après quoi 23 concurrents se tiennent en 6 points ! Une seule femme (russe) cette année, qui tout de même fait 100% en 2# et précède 2 MI.

Pavlov, le "gamin" que nous avions vu à Belgrade (voir championnat du monde 2016) termine à la 4e place et décroche une norme de grand-maître. Et Piotr (Murdzia) renoue avec le succès. Son premier titre remonte à 2002, sous mes yeux en Slovénie. Mais il fut également champion du monde en 2005, 2006, 2008, 2009, 2012 & 2013. Soit 8 titres contre 5 à Kasper (Piorun), 2011 et de 2014 à 2017. Un sacré match !


Dernier jour


, avec toutes sortes de symboles, y compris des svastikas qui feront grincer les dents... des ignorants seulement. Une découverte, (hors échiquier, cela va sans dire).

, longtemps victorieux jusqu'à ce que l'armée ottomane, paraît-il, coupe les yeux des 9/10 de ses soldats, se "contentant" d'éborgner le dixième restant, afin qu'ils puissent témoigner. Charmants garçons.

, une longe de porc ("svinsko care") dans un pot en céramique avec oignons, poivrons et champignons.


le banquet


Pour le banquet de clôture, deux déceptions : l'organisation n'a pas invité Iris à chanter comme à Belgrade et n'avait pas prévu de vin à volonté. A vrai dire, pas de vin du tout. Nous avons dû piquer à Michel la bouteille qu'il avait gagnée en prix, puis dû commander. On pardonnera ces flottements, eu égard au trajet en bus Skopje-Ohrid aller-retour offert. Et à

("pastrmka", au cas où vous souhaitez vous entraîner à la prononciation) sur laquelle nous avons fait une razzia.


plats somptueux et vin blanc à gogo (33€ pour deux) avec un excellent violoniste, une ambiance extraordinaire et une pléiade de jolies femmes. À se demander quel est le pays le plus "civilisé"...


note du greffier : à son retour, le Mestre est passé par Mestre !

Commentaires (1)

Alain
  • 1. Alain | 16/10/2018
Au sujet du match Kasper-Piotr, il ne serait pas scandaleux de donner comme score 4,5-8,5. Songez à ce qui s'est passé il y a deux ans à Belgrade : égalité complète (sur chaque problème !) mais une minute de moins pour K ! Le contrôleur a pu arrondir et avaler quelques dizaines de secondes !

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